Parentalité positive,  Vie quotidienne

12 astuces de parentalité positive à mettre en place immédiatement pour éviter les crises et améliorer la relation avec votre enfant.

Mère et fille - Parentalité positive

Hello les parents! Bien souvent, quand on commence à s’informer et qu’on découvre la parentalité positive, on se dit que c’est super car soit ça nous ouvre les yeux, soit ça correspond mieux à notre vision de la parentalité et à ce qu’on voudrait mettre en place avec nos enfants. Mais on se dit parfois aussi que c’est bien beau tout ça, il y a plein de supers principes théoriques, mais concrètement au quotidien comment on fait? Bref on se sent un peu perdus, submergés par les informations qui arrivent de toutes part, et qui restent parfois très abstraites. Nous avons envie de relations plus sereines et plus apaisées avec nos enfants, mais nous ne savons pas comment nous y prendre, et surtout par où commencer. Nous voudrions éviter les crises de nos chères têtes blondes, mais nous nous retrouvons complètement démunis quand elles ont lieux. Certes on se rappelle bien des principes de base, mais on se retrouve sans solutions à l’instant T, et sans outils concrets à appliquer.

Comment faire pour appliquer la parentalité positive au quotidien?

Je suis passée par les mêmes sentiments, et je me retrouve encore régulièrement perdue face à certaines situations avec ma fille. Mais grâce à mes nombreuses lectures et à ma meilleure compréhension du fonctionnement et du développement de l’enfant qui en a découlé, et grâce à mes tentatives pour appliquer dans mon quotidien certains principes de parentalité positive, j’ai pu identifier des “trucs” qui fonctionnaient parfaitement pour moi, différentes astuces qui m’ont permises d’éviter bien des crises. Je n’ai rien inventé, et ces astuces fonctionnent également pour de nombreux parents. Je vous les livre donc ici.

1- Toujours se demander “Pourquoi je souhaite dire non?”

De la même manière que le proverbe dit de tourner sa langue 7 fois sa langue dans sa bouche avant de parler, personnellement dans les situations où mon premier réflexe va être de répondre “Non!”, j’essaie de prendre un peu de hauteur et un court temps de réflexion. Je me pose alors toujours la question de savoir Pourquoi je lui dis non? Est-ce que c’est vraiment pour mon enfant (par exemple parce qu’il y a un réel danger), est-ce que ce sont pour des raisons extérieures à ma volonté (je suis matériellement dans l’impossibilité de répondre à sa demande à l’instant T) ou est-ce que c’est finalement pour mon confort personnel (j’ai peur pour lui, ou encore les conventions sociales font que “ça ne se fait pas” et dans ce cas le regard des autres me gêne)?

Dans le cadre de mon expérience personnelle, soit le “Non!” est sorti comme un réflexe, et je réfléchis alors après coup suite aux protestations de ma fille. Soit je me pose cette question avant de dire non (ce qui est de plus en plus le cas maintenant que j’ai bien intégré le réflexe de cette question). Je vous rassure, le cerveau va à mille à l’heure donc réfléchir en amont et se demander “Pourquoi je souhaite dire non?” et trouver la réponse associée ne prend que quelques secondes à peine, et cela devient vite un automatisme.

Selon la réponse à cette question, soit je maintient le non, soit je me ravise et donne mon autorisation ou répond favorablement à la demande. C’est bien-sûr totalement dépendant de la situation qui se présente. Concrètement, voici ce que cela donne dans le détail :

Il y a danger :

Ici la question ne se pose pas vraiment. S’il y a un danger avéré, je dis non ou j’interdit, puisqu’il en va de la sécurité de mon enfant, et de ma responsabilité de parent. Par exemple, mon petit tente d’escalader le radiateur pour attraper les plantes sur le rebord de la fenêtre mais celle-ci est ouverte : il y a un grave danger immédiat.

Si le fond importe peu, en revanche ici la forme joue beaucoup. Il y a l’art et la manière de refuser ou d’interdire. Il est important de toujours expliquer à son enfant pourquoi on lui refuse ou interdit quelque chose (cf. point n°2). “Non mon chéri tu ne peux pas escalader ici, tu risquerais de tomber par la fenêtre et c’est très dangereux, tu pourrais te blesser gravement voire pire”.

C’est matériellement impossible :

Même chose que pour le danger, si je suis matériellement dans l’incapacité de répondre à la demande de mon enfant, et ce pour des raisons extérieures à ma volonté, je ne vais pas faire usage de magie. Par exemple, si mon enfant veut un petit-suisse à la banane mais qu’il n’en reste qu’à la fraise, je ne vais pas pouvoir accéder à sa demande dans l’immédiat.

La solution est donc la même que plus haut, expliquer à son enfant pourquoi on ne peut pas satisfaire sa demande, bien malgré nous. (cf. point n°2). “Malheureusement mon chéri il n’y en a plus à la banane, il ne reste que ceux à la fraise, je suis désolée. Mais promis dès qu’on ira faire les courses j’en rachèterai à la banane”.

Les conventions sociales et le “ça ne se fait pas” :

Creuser la question du “Pourquoi je dis non?”  lorsque que la réponses est “Parce-que ça ne se fait pas”, c’est aussi se demander :“En quoi cela me dérange s’il fait telle ou telle chose? En quoi est-ce si grave? Pourquoi on ne pourrait pas le faire?”. S’il n’y a pas de réelle conséquence, on peut très bien accepter l’idée qu’il soit possible pour une fois de faire autrement.

Par exemple : pourquoi ne pourrait-on pas mettre de chaussettes par-dessus ses collants? Pourquoi ne pourrait-on pas manger son yaourt avant le plat? Pourquoi lui interdire de monter sur la table basse? Si l’enfant trouve ça joli de mettre des chaussettes sur ses collants, ne pourrait-on pas lui laisser expérimenter ses goûts et le laisser construire sa propre vision de l’esthétisme? S’il a très envie de manger son yaourt maintenant mais que ça ne l’empêche pas de manger son plat derrière et qu’il n’y a aucun déséquilibre dans son alimentation, après tout où est le problème? Si monter sur la table basse ne le met pas en danger et qu’elle n’est pas encombrée de papiers ou bibelots, en quoi est-ce dérangeant de le laisser exercer sa motricité?

Essayer de voir les choses comme ses propres expériences que l’enfant fait peut nous permettre de lâcher un peu prise (en cas d’absence de danger bien entendu), et de lui laisser un espace de liberté et de créativité.

Il faut aussi se poser ces questions à l’extérieur ou dans le cadre familial. Si mon enfant s’est réveillé tôt et qu’il a mangé plus tôt le repas du midi, et qu’il réclame dès 15h un gâteau parce qu’il a faim alors que nous sommes au parc. Est-ce si gênant de lui donner son goûter dès maintenant alors qu’il a réellement faim? Pourquoi faudrait-il attendre 16h ou 16h30 la fameuse “heure du goûter”? Franchement on s’en fiche pas mal des regards courroucés que peuvent nous adresser les autres parents du parc et des jugements qu’ils peuvent faire.

C’est pour mon confort personnel :

Se poser la question de pourquoi on souhaite dire non et creuser un peu permet aussi de déterminer si cette intention était réellement dans l’intérêt de notre enfant, ou plutôt dans notre intérêt ou pour notre confort personnel.

Par exemple, au parc mon enfant veut escalader un jeu en hauteur et je ne suis pas d’accord. Est-ce que c’est parce qu’il y a un réel danger? Ou est-ce parce que ça me fait peur à moi? Mais mes peurs sont les miennes et je n’ai pas à les lui communiquer. Si je vois qu’il maîtrise bien son escalade, pourquoi ne pas l’encourager tout en se plaçant derrière lui pour assurer sa sécurité et en étant prêt à le rattraper au cas où il déraperait? Au contraire, en adoptant cette posture je renforce sa sécurité affective et sa confiance en lui et son estime de lui-même. C’est plutôt positif, non?

Autre exemple, il a sorti tout son matériel de peinture mais je ne suis pas d’accord parce qu’il a des habits neufs et qu’il risque de se salir. Au final c’est bien pour mon confort personnel. Si je prends un peu de recul, après tout les habits ça se lave, et il est très facile de mettre un tablier pour ne pas se salir. Où on peut tout simplement lui demander de se changer et de mettre des habits qui ne craignent rien.

2- Toujours expliquer à son enfant lorsqu’on lui dit non ou qu’on lui interdit quelque chose.

Selon son âge, cela lui permet de comprendre pourquoi ce refus ou cet interdit.

En tant que petit être en construction qui découvre son environnement, les choses qui nous paraissent évidentes ne le sont pas pour lui. Il ne connaît pas encore le monde et demeure au stade de la découverte et de l’expérimentation. Ils n’ont pas également la même conscience du danger que les adultes, et n’ont pas le recul suffisant pour appréhender toutes les situations dans leur intégralité avec une vision globale. Au départ, c’est comme s’ils voyaient le monde avec des œillères restreignant leur champ de vision, qui en grandissant s’écarteraient et rapetisseraient pour laisser s’agrandir toujours plus ce champ de vision. (Et soyons honnêtes, certains adultes vivent encore avec des œillères, alors soyons indulgents avec les enfants!).

Pour le bébé qui est encore tout petit et donc pas en capacité de comprendre le sens des explications de prime abord, la constance de la position de l’adulte et la répétition des explications pour des situations identiques, en plus d’être sécurisantes, vont lui permettre d’intégrer dans un premier temps ce qu’il est possible de faire ou non, puis plus tard de le comprendre, lorsqu’il aura atteint le stade de maturation suffisant.

“Non!” “Pourquoi?” “Parce-que c’est moi qui décide et puis c’est tout!”

Expliquer à l’enfant permet également de se placer à son niveau, et non au-dessus de lui en position de domination et donc d’adultisme. C’est respecter le besoin ou l’envie exprimés en le reconnaissant, tout en acceptant et assumant qu’il n’est pas possible d’y répondre, mais d’une manière douce et respectueuse de l’enfant. C’est considérer l’enfant comme une personne à part entière, et non comme une sous-personne dont l’avis compterait moins sous le seul prétexte qu’il ne serait qu’un enfant.

3– Formuler les phrases à la forme positive plutôt que négative.

Au quotidien nous avons une fâcheuse tendance à formuler des phrases en employant la forme négative, et cela encore plus lorsque l’on s’adresse à nos enfants. Ainsi bien souvent nous disons à notre enfant ce que nous ne voulons pas qu’il fasse, au lieu de simplement lui expliquer ce que nous attendons de lui. Cette formulation est plus complexe à décoder et demande un effort plus important de compréhension à tout cerveau, et encore plus à celui de l’enfant. Même pour l’adulte, cela demande un effort de décoder la forme négative, car le réflexe premier du cerveau est de lire la forme positive. Ainsi si l’on reprend le célèbre exemple donné par Isabelle Filliozat : si je vous dit, là tout de suite, “Ne pensez pas à un zèbre qui court dans la savane ! N’y pensez surtout pas!”  Vous venez de le voir dans votre tête, n’est-ce pas? Eh bien c’est exactement la même chose avec nos enfants.

Par ailleurs, il est très important de savoir que jusqu’à un certain âge l’enfant ne comprend pas la négation : son cerveau encore immature n’a pas la capacité de décoder le “ne pas”. Ainsi quand on lui dit : “Ne monte pas sur le canapé!” L’enfant va entendre “monte” et “canapé”. Il va donc tout naturellement monter sur le canapé. Ce qui a le dont de nous énerver, alors que le petit enfant pense en réalité avoir appliqué la consigne, puisque son cerveau n’a pas décodé la négation. Savoir cela nous permet donc d’une part de relativiser et de ne pas le gronder pour rien car non, notre enfant “ne se fiche pas de nous”, et d’autre part d’agir en modifiant notre comportement pour nous adapter au stade de maturation de son cerveau.

Il est donc plus intéressant de faire l’effort de formuler les interdits positivement en expliquant à l’enfant ce qu’on attend de lui, et en lui donnant des consignes claires. Ainsi, plutôt que “Ne monte pas sur le canapé!”, remplacer par “Reste sur le sol en bas du canapé”. Plutôt que “Ne traverse pas la route!”, remplacer par “Reste sur le trottoir à côté de moi”. (Et rajouter une explication à chaque fois est encore mieux, afin que l’enfant comprenne pourquoi cette interdiction lui est donnée. “Le canapé est encore trop haut et tu risques de tomber”, ou “C’est dangereux car il y a beaucoup de voitures”.)

4- Préférer le “Stop!” au “Non!”.

Si l’on souhaite que notre enfant ne nous dise pas non à tout va (Ah, la fameuse période du non!), il vaut mieux éviter de le lui répéter sans cesse et à longueur de journée. Sinon ses neurones miroirs entreront en action et il s’appliquera à nous imiter. Il ne s’agit pas pour autant d’en faire un mot tabou, le but est simplement de l’utiliser avec parcimonie. Mais aussi de savoir qu’il est possible de le remplacer dans notre vocabulaire, tout simplement en changeant de posture et en modifiant notre vision des choses.

Pourquoi cela? Tout simplement parce que, comme l’explique Isabelle Filliozat, lorsque l’on formule l’injonction “Non!”, c’est tout notre corps qui parle et pas seulement notre bouche. Nos sourcils se froncent, et notre visage se durcit, et éventuellement nous pointons du doigt. Le corps se ramasse légèrement et la tête se penche un peu en avant. Essayez pour voir : votre visage est tendu. Le non! a un côté culpabilisant pour l’enfant, réprobateur, il peut se sentir vite grondé alors qu’il fait simplement une expérience et est en plein apprentissage. Par ailleurs il faut se rappeler que selon son âge il ne comprend pas encore la négation et le non! en fait partie.

L’injonction “Non!” peut tout à fait être remplacée par “Stop!”. Lorsque le parent prononce stop!, sa posture est totalement différente. Il ouvre plus les yeux et ses sourcils se lèvent. Le corps a plutôt tendance à s’ouvrir avec un léger mouvement vers l’avant. Faites l’essai également pour voir la différence. En prononçant le mot stop!, le parent interpelle directement l’enfant, qui en principe, surpris, s’arrêtera net dans son mouvement. (Pas à chaque fois je vous l’accorde, mais lorsque l’on dit non! non plus nous n’obtenons pas satisfaction à tous les coups).

Ainsi, plutôt que de dire “Non! Ne touche pas au vase!”, on peut le remplacer par “Stop! Ce vase est fragile et j‘y tiens beaucoup, je vais le placer en hauteur”.

« Le plus souvent, les enfants de cet âge cherchent le regard, l’autorisation du parent, avant de toucher un nouvel objet. C’est le moment de dire « stop », puis d’expliquer en mettant des mots simples sur l’interdit, sans vous attendre pour autant à ce qu’il mémorise tout ! »

Isabelle Filliozat dans “J’ai tout essayé”

5– Toujours se mettre à la place de son enfant, et regarder la situation avec ses yeux à lui.

Quand je fais ou dis quelque chose, ou même de manière générale dans toutes les situations, j’essaie toujours de changer d’angle de vue et de me mettre à la place de ma fille. Regarder la situation à travers les yeux de l’enfant permet de mieux comprendre ses réactions et ce qui le motive. Cela permet donc de relativiser nos attentes projetées sur notre enfant, et ainsi de mettre fin aux situations d’adultisme tout en se rendant compte du paradoxe de certaines situations. Cela implique un changement de posture, pour vraiment essayer de comprendre ce que peut ressentir son enfant dans telle situation et qu’elles sont les émotions ou sentiments qui le traversent.

Par exemple si je décide de faire une sortie mais qu’il est occupé à jouer, et que je le presse “Allez! On s’habille! Dépêche toi on sort!”, je le coupe en plein dans son élan, lui qui était occupé, sans lui dire ni pourquoi ni où on va, alors qu’il est pourtant le premier concerné. C’est tout à fait normal qu’il soit sur la réserve et traîne des pieds, tout en me posant mille questions “Mais pourquoi? Mais on va où?”. Alors que si je regarde la situation avec ses yeux à lui et que je comprends ça, plutôt que de rester dans ma position d’adulte je peux me mettre à sa hauteur et lui expliquer que j’ai organisé une sortie pour lui et qu’on va aller à tel endroit précis, que c’est super sympa parce qu’il y aura telle activité à faire et que je suis sûre qu’il va bien s’amuser. La situation sera tout de suite plus apaisée.

Même chose par exemple sur le prêt des jouets au parc. On a toujours tendance à vouloir partager les jouets de notre enfant qui ont été empruntés par un autre alors qu’il ne jouait pas avec, tout simplement parce que “Il faut qu’il apprenne à partager”. Sauf que si on regarde la situation avec ses yeux à lui : il joue tranquillement au parc à côté d’autres enfants et il a ramené des jouets qu’il aime beaucoup. Tout à coup quelqu’un qu’il ne connaît même pas vient lui prendre son jouet. Il proteste et tente de le récupérer mais on l’en empêche et on lui impose de partager. Son stress monte et il se sent en insécurité, car on le force à faire quelque chose qu’il ne veut pas, et il ne sait même pas si il va récupérer son jouet car il ne connait pas cet enfant. Maintenant, si on transpose ça à une situation entre adultes : vous êtes au parc assis tranquillement sur un banc et vous lisez un livre, votre sac posé à côté de vous. Une ado de 15 ans que vous n’avez jamais vue vient prendre dans votre sac votre nouveau portable tout neuf. Vous protestez vivement et tentez de le récupérer, c’est bien normal! Mais “Tut! tut! tut! Ah non!” Votre femme vous rétorque que vous devez la laisser jouer avec, parce qu’il vous faut apprendre à partager… Comment vous sentiriez-vous? C’est tout de suite moins fun n’est-ce pas? Eh bien pour son enfant c’est pareil. Comprendre ce qu’il ressent c’est aussi comprendre ses réactions, pour y apporter une réponse adaptée, sans rester enfermé dans notre vision d’adulte.

6– Toujours le prévenir de ce qu’on va lui faire, et décrire ce qu’on est en train de lui faire.

Lorsque je m’occupe de ma fille, je lui dis toujours ce que je suis en train de faire, je décris mes gestes pour les lui expliquer, et je la préviens toujours en amont de ce que vais faire. Par exemple : “On va changer la couche, là je mets de l’eau sur le coton, et maintenant je commence à nettoyer tes fesses, c’est normal que ça te fasse des sensations de froid, c’est parce que l’eau était un peu fraîche…” ou “On va moucher le nez car tu es enrhumée, regarde tu as le nez qui coule et il est bouché. Je vais prendre le pulvérisateur et mettre un pchit dans tes narines, ça peut surprendre un peu. Maintenant regarde j’utilise le mouche bébé. Et voilà c’est fini!”.

Prévenir son enfant permet de ne pas le prendre par surprise. C’est aussi une question de respect, y compris sur un tout petit bébé de quelques mois. Lui expliquer et décrire ce qu’on lui fait permet de l’habituer, ainsi il ne sera pas surpris lorsque les gestes seront répétés à nouveau. L’inconnu fait peur, les repères apaisent. Un objet qu’il connait sera beaucoup moins inquiétant. Si l’on se met deux minutes à leur place, si on attend notre tour chez le médecin puis qu’il nous fait entrer, nous déshabille pour pratiquer sur nous un examen plus ou moins invasif sans rien nous expliquer puis met ensuite fin à la consultation, nous nous sentirions extrêmement mal à l’aise. Pour un enfant c’est pareil. Prendre le temps de lui expliquer chaque geste fait sur lui permet de le détendre et de le rassurer.

7– Ne pas faire à sa place s’il est en capacité de le faire.

Il est important de ne pas faire à la place de l’enfant si il est en capacité de faire quelque chose lui-même : par exemple se laver les mains seul, se brosser les dents, ou encore ramener son assiette pour débarrasser… Ça n’a pas besoin d’être parfait, et au besoin je peux lui proposer mon aide pour terminer (par exemple pour le brossage des dents). Ainsi l’enfant se sent reconnu dans son être et surtout dans son autonomie. De plus, il apprend avec la répétition du geste, et progresse grâce à cet entraînement. Sans expérimenter et sans faire seul il est difficile de progresser en motricité. C’est parce qu’il s’est d’abord entraîné et musclé et qu’il a développé sa motricité que l’enfant arrive ensuite à se retourner seul ou à marcher. Pareil en grandissant, c’est parce qu’il s’entraîne à faire ses lacets qu’il apprend à les nouer seul.

En faisant à la place de l’enfant, non seulement on ne lui permet pas de s’entraîner et donc de faire de nouvelles acquisitions, mais en plus si il sait le faire et est en capacité de le faire, alors on le frustre et on le freine grandement dans son autonomie. Sa confiance en soi et son estime de lui en prend un petit coup, car on lui renvoi une image de lui-même de “Tu n’es pas capable” ou “Tu n’es pas assez bien” qui est très dévalorisante : (Par exemple tu n’est pas assez bien car “Tu ne vas passez vite pour faire tes lacets donc je le fais à ta place sinon on va être en retard tous les matins à l’école”). Le laisser s’entraîner lui apprend également la culture de l’effort et de la persévérance.

S’il y a quelque chose qui me permet d’éviter bien des crises, c’est de la laisser ma fille faire elle-même les choses dès qu’elle est en capacité de le faire! Bien souvent, je la laisse essayer seule même quand elle ne sait pas encore, pour la laisser s’entraîner, tout en lui précisant que si elle n’y arrive pas encore et qu’elle a besoin d’aide elle peut me demander. Par exemple pour ses chaussures, alors qu’elle n’y arrivait pas encore, elle tenait absolument à le faire elle-même. Plutôt que d’insister puisqu’elle ne savait pas encore les mettre (je l’ai fait une fois, pas deux!) et de subir une crise monumentale, je l’ai laissée expérimenter en lui disant “Essaye de mettre tes chaussures, et si tu as besoin d’aide parce que c’est encore trop difficile demande-moi”. Elle était toujours ravie d’essayer et s’appliquait au mieux, puis finissait par me demander “Aide maman”, jusqu’au jours où elle a réussit par elle-même (ce qui est arrivé assez vite). Elle était alors hyper fière d’elle, moi aussi, mais surtout si je ne l’avais pas laissée essayer et s’entraîner je n’aurais pas su qu’elle y arrivait, car pour moi c’était encore tôt. La laisser faire à chaque fois lui a aussi permis de s’entraîner.

8– Le rendre acteur des choses qui le concerne et l’inviter à participer.

Rendre son enfant acteur des choses qui le concerne et l’inviter à participer permet de renforcer son estime de lui et sa confiance en lui. Cela favorise également l’autonomie. Mais cela permet aussi de l’impliquer pleinement dans la vie de famille et de le considérer en tant que personne à égalité avec vous.

Cela peut se faire de manière très simple. Par exemple pour un petit enfant, lors du change : “C’est toi qui défait les scratchs de ta couche”, ou pour un enfant plus grand “C’est toi qui met ta gourde dans ton sac de l’école pour le demain”. Selon son âge cela permet également de le responsabiliser. Il en ressort une certaine satisfaction personnelle, et cela booste l’estime de soi car l’enfant a l’impression d’être “grand”, et qu’il est reconnu dans ses capacités.

9– Le prévenir en avance lorsqu’il est occupé.

Prévenir son enfant en amont permet d’éviter l’effet désagréable de surprise, ainsi que la peur de l’inconnu. Cela donne également un repère, notamment pour les enfants qui n’ont pas encore la notion du temps. Cela permet aussi à l’enfant d’éventuellement terminer son activité sans être interrompu brutalement, ou par exemple de s’organiser pour ranger quelque chose ou mettre en sécurité sa construction qu’il pourra reprendre par la suite. Cela lui donne également l’occasion de faire un compromis avec ses parents pour que ses besoins ou demandes soient également entendues, ce qui renforce sa sécurité affective.

L’exemple typique est celui du parc. Si on doit partir du parc à telle heure, je préviens mon enfant 10 minutes avant qu’on va bientôt partir, puis je lui fait un rappel 5 minutes avant. Je peux également convenir en plus avec lui du top départ (encore 3 tours de tobogan et on y va, encore un peu de balançoire puisque tu n’en as pas fait et ensuite on s’en va). Il est important de lui faire valider ce top départ. S’il était d’accord, il aura plus de mal à refuser et à réclamer du rab. Car si nous avions convenu tout seul du top départ, il pourra nous rétorquer que c’était ce que nous nous avions décidé seul mais qu’il n’avait jamais dit oui.

10– Anticiper pour ne pas être pressé par le temps.

L’anticipation permet réellement d’éviter bien des crises. En effet, anticiper les choses en amont (et notamment les déplacements) permet de ne pas être pressé et donc de dégager suffisamment de temps pour que l’enfant puisse faire les choses seul et à son rythme. Si on n’a pas pris de marge et qu’on se stresse à cause de la montre car on a peu de temps, on va le presser et chercher à faire à sa place donc le brusquer. On risque également de lui communiquer notre stress, de hausser la voix en utilisant un ton de domination pour s’imposer. On retrouve alors une réaction de défense en face avec l’enfant qui entre en résistance, et ça part à la crise assurée.

L’anticipation passe par exemple par le fait de prendre de plus grandes marges si on doit se déplacer quelque part, ou de prévenir son enfant à l’avance lorsqu’il y aura quelque chose à faire à un horaire fixe. Cela peut également être de préparer les repas à l’avance ou d’avoir toujours dans se placards quelque chose de vite prêt, pour ne pas avoir à faire patienter trop longtemps son enfant le soir s’il a faim par exemple. A nous de déterminer dans notre quotidien ce que nous pourrions anticiper et qui pourrait nous faciliter les choses et éviter les situations de crise avec nos enfants.

11– Au supermarché, lui donner des missions précises.

On sait tous que le moment des courses au supermarché peut occasionner de grands moments de solitude. il faut comprendre que ce sont des environnements hyper stimulants pour un enfant : trop grands, trop de bruit, trop de lumière, trop de monde, trop de sollicitations de toute part avec des packagings qui font envie, plein de petites choses à portée de leurs mains dans les rayons mais surtout à la caisse, là où ils seront obligés de patienter. Cela peut être une grande source de stress et d’excitation pour l’enfant, qui a du mal à gérer tous ces stimulis. Lorsque qu’on peut éviter de les emmener dans ce genre de magasin, c’est sûr que c’est mieux, mais on sait tous parfaitement que ce n’est pas toujours possible avec les contraintes du quotidien. alors concrètement, une fois qu’on y est, comment on fait pour anticiper ou gérer les crises?

Déjà, avant même d’entrer dans le magasin il peut être intéressant de rappeler à son enfant les consignes fondamentales que l’on s’est fixées. Cela peut être par exemple de n’acheter que ce qui est sur la liste de course. Ou encore si l’on passe par le rayon jouets qu’il a le droit de tester ceux en accès libre, ou encore de regarder ceux qui lui plaisent et éventuellement de “passer commande” pour son anniversaire ou Noël, mais que l’on n’achètera rien aujourd’hui. Ou cela peut-être de lui rappeler qu’une fois à la caisse on ne touche pas à tout ce qui est à sa hauteur et que l’on n’achète pas de bonbons (à vous de voir selon les propres règles que vous souhaitez fixer). Cela permet en tout cas d’anticiper et de désamorcer de nombreuses crises, notamment une fois le passage en caisse arrivé.

Ensuite, une astuce toute simple mais qui a eu l’occasion de faire ses preuves peut être de donner à son enfant des missions précises, à adapter selon l’âge de l’enfant. Cela va permettre de le recentrer et d’éviter que son esprit s’éparpille face à tous les stimulis. Il pourra se concentrer sur sa tâche. Et cela peut également l’aider à patienter. Par exemple pour un tout petit, on pourra lui donner la mission de mettre dans un petit chariot les articles que l’on lui donne. Pour les enfants plus grand, on peut lui dire d’aller chercher la farine ou les compotes, ou de s’occuper de tel ou tel article.

Cela ne marche pas à tous les coups on est bien d’accord, parfois l’envie ou le stimuli est trop fort ou notre enfant plus fatigué. Mais ça peut tout de même désamorcer bon nombre de situations, donc ce sont des astuces qui sont toujours bonnes à prendre et à tenter d’appliquer.

12- Accepter qu’on n’est pas parfait et lâcher prise.

Il me parait important d’accepter le fait que l’on n’est pas parfait, et de lâcher prise là dessus.

Nous ne pourrons pas réussir dans chaque situation à appliquer tous les principes de parentalité positive avec lesquels nous sommes pourtant d’accord et auxquels nous avons pleinement adhéré. Car nous aussi on a du mal à accueillir nos émotions, on ne nous y a pas habitué.

Je viens de me laisser déborder et j’ai explosé et crié sur mon enfant car j’étais à bout? C’est fait, pas besoin de se flageller encore plus et de ruminer toute la soirée. C’était une erreur mais l’essentiel est de la réparer. C’est d’ailleurs ce que je souhaite apprendre à mon enfant, qu’on peut et doit réparer ses erreurs. Alors je m’excuse toujours auprès de lui quand j’ai débordé, sans exception. Et ensuite, on peut revenir calmement sur la situation, avec des mots simples, sur un ton descriptif “Je suis désolée de t’avoir crié dessus. Tu vois j’étais très en colère parce que je voulais que tu… et je t’ai demandé… mais… alors ça m’a mise en colère”. Ou “J’ai eu peur quand j’ai vu que tu… alors j’ai réagit vivement car j’ai vraiment eu peur pour toi et j’ai cru que tu étais en danger”.

La parentalité positive c’est avant tout un cheminement, une progression constante. On adopte un nouvel état d’esprit qui va guider nos actions quotidiennes avec notre enfant. Mais nous ne sommes pas des robots, nous ne sommes donc pas infaillibles. Il y a des jours où nous serons plus fatigués que d’autres, où nous aurons moins de patience. Comme dans tout il y a des moments de haut et des moments de bas. L’essentiel est de savoir repérer ces moments, de les accepter, et de bien comprendre que notre enfant n’en est pas responsable donc qu’il faut éviter de faire rejaillir sur lui notre mauvaise forme. C’est le moment de passer le relai quand c’est possible, ou de proposer des choses plus simples et sur lesquelles on sait que l’on gagne à tous les coups! J’avais prévu un flan de courgettes à dîner mais je n’ai aucune patience ce soir? Il vaut peut-être mieux que je renonce pour éviter une crise avec la petite dernière qui n’aime pas les courgettes et le cuisiner la semaine prochaine lorsque j’aurais retrouvé mon énergie et ma patience, et me contenter d’un bon plat de pâtes à la sauce tomate maison qui fera l’unanimité.

Faites le test!

Voilà pour les principales astuces que j’ai insérées dans mon quotidien avec ma fille, dès sa naissance pour certaines d’entre elles, et qui nous permettent d’avoir très peu de crises pour le moment, car bon nombre sont désamorcées avant même qu’elles se manifestent (souvent on les sent venir et on s’adapte assez vite pour les éviter). Ce qui ne nous empêche pas d’en essuyer quelques unes régulièrement, comme tout parent lambda.

Dites moi en commentaire ce que ces astuces vous inspirent, et surtout partagez les vôtres pour que je puisse en découvrir de nouvelles et que d’autres parents puissent en profiter! Smile

Si vous testez ces astuces, venez me dire en commentaire ce que ça vous a apporté et ce que cela a changé dans votre quotidien!

Et enfin, si cet article vous a plu, n’hésitez pas à le partager autour de vous pour que d’autres parents puissent en profiter. Cela permet aussi de faire vivre le blog, et moi, cela me fait toujours plaisir! Winking smile

A très vite!

Partager l'article :
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

2 commentaires

  • Marion

    Merci pour ces conseils et rappel !! Par contre bien souvent je me rends compte que je dis “stop non” ou “non stop” !
    Important le lâcher prise, pour moi ce qui est important c’est de tendre vers un mieux, de s’améliorer avec des jours avec et sans mais ne pas perdre le cap de voir la où on souhaite aller, c’est à dire être mieux avec son enfant et soi même? Je me dis souvent “tu fais au mieux” c’est le plus important car on est tous fatigué par moment !

    • Sakina Maitreau

      Bonjour Marion,
      Merci pour ton avis! 🙂
      Tu as tout à fait raison, il est important de lâcher prise, l’essentiel étant de faire au mieux comme tu dis, avec notre état du moment et selon notre stade de cheminement. La difficulté c’est qu’on se traîne souvent des bagages liés à notre éducation quand nous étions nous-mêmes enfant et à ce qu’on a toujours vu faire autour de nous ou tout simplement vécu, il est parfois difficile de se défaire de certains “conditionnements”. Etre parent ça demande un vrai travail sur soi finalement ^_^ et ce n’est pas toujours évident.
      Alors faire au mieux et toujours vouloir progresser et s’améliorer est un bel objectif.
      A bientôt!

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.