Cheminement et prise de conscience

Ce que je pensais des enfants auparavant, et comment je vois les choses désormais

On connaît tous le proverbe « Avant j’avais des principes, maintenant j’ai des enfants ». C’est un peu le même genre de pensées qui me vient à l’esprit quand je pense au thème de l’événement interblogueurs organisé par Marie du blog J’apprends à être maman : « Avant je pensais ça à propos des enfants, et désormais… », auquel j’ai eu envie de participer en vous racontant ce que je pensais des enfants auparavant, et comment je vois les choses désormais. (D’ailleurs je vous invite à aller lire l’article de Marie sur l’apprentissage de la communication non violente grâce à un jeu de société. Je l’ai trouvé hyper intéressant car c’est un sujet qui m’intéresse beaucoup, et je considère que rien ne vaut l’entrainement et la pratique pour maîtriser cette forme de communication. Ce jeu est donc une belle découverte et m’a tout l’air d’une pépite!).

Pour en revenir au thème, il se trouve qu’avant, bien avant d’avoir des enfants, j’avais des principes bien tranchés en matière d’éducation. Ils étaient hérités de mon environnement familial, de ma propre éducation, et finalement de ma culture avec tout ce que j’avais pu voir dans la société dans laquelle j’ai grandi. Cela m’a en quelque sorte formatée.

Maman avec son bébé qu'elle regarde avec amour

Ce que je pensais des enfants auparavant

Avant d’être maman, je pensais :

  • Qu’un enfant se doit d’obéir à ses parents, et qu’il ne faut pas qu’on se laisse marcher sur les pieds ;
  • Qu’il est important de bien les éduquer très tôt pour qu’ils ne deviennent pas des délinquants plus tard ;
  • Que c’est normal de donner des fessées ou des gifles, et même nécessaire en cas de bêtise ;
  • Qu’il fallait le punir dès qu’il faisait une bêtise pour lui apprendre à ne pas recommencer ;
  • L’utilisation des menaces, du chantage ou des punitions ne me choquait pas du tout, voire me paraissait tout à fait normal ;
  • Qu’il faut poser un cadre et des limites strictes ;
  • Que laisser pleurer un enfant pour qu’il s’endorme ce n’est pas grave et que c’est un moyen pour lui de comprendre qu’il faut dormir ;
  • Et bien d’autres choses encore (qui parfois me font froid dans le dos…).

Heureusement, ma vision des choses et ce que je pensais auparavant des enfants a changé, car depuis j’ai eu quelques déclics et j’ai cheminé.

Ma prise de conscience et mon cheminement sur la vraie nature et les vrais besoins de l’enfant

Finalement, comme le monde de l’enfance m’avait toujours intéressé, et que j’ai toujours eu envie de devenir maman, j’ai commencé à lire pas mal sur le sujet, même si je n’envisageais pas de grossesse dans l’immédiat. J’ai lu pas mal d’articles de blogs de mamans, des revues et magazines  populaires pour les parents, et des livres un peu plus poussés sur l’éducation et le développement de l’enfant. Je suis tombée sur un peu de tout.

Au final, beaucoup de blogs et de magazines parentaux reprenaient le modèle éducatif que j’avais toujours connu. Souvent, ce n’étais pas très profond et plutôt à coup d’injonctions. Et puis, j’ai trouvé des lectures un peu différentes, qui m’ont interpellée car elles prenaient le contre-pied de ce que j’avais toujours pu lire où voir jusqu’à présent.

Je me souviens être tombée sur un article de blog d’une maman intitulé « Pourquoi je suis contre la fessée ». (Quel dommage, impossible de me rappeler le nom du blog où de le retrouver en cherchant dans Google !) Ma première réaction en lisant le titre a été « Mais quelle drôle d’idée ! ». Conditionnement quand tu nous tiens… Mais ça m’a intrigué, alors je me suis plongée dedans. Et les propos tenus par cette maman m’ont amenés à réfléchir, car je trouvais ses arguments plutôt pertinents. Cela faisait sens. C’était essentiellement écris sur la base de l’émotionnel, mais il y avait aussi quelques éléments plus profonds et recherchés.

Du coup j’ai eu envie de creuser, d’approfondir par d’autres lectures. Et j’ai eu la sensation d’entrer dans un autre monde et de découvrir tout un pan inconnu sur l’enfant et la vision qu’on a de lui.

C’est là le début de mon cheminement, et cela marque le moment où mon cerveau a opéré une sorte de bascule. J’ai commencé à remettre en question toutes mes croyances. J’ai d’ailleurs compris que ce que je pensais jusqu’à présent sur les enfants et sur la manière de les éduquer ne se résumait qu’à ça, des croyances. Et qu’il était temps de les déconstruire.

C’est comme cela que j’ai découvert, à force de nombreuses lectures, les nouvelles découvertes en neurosciences sur le développement psycho-affectif de l’enfant, sur les sciences de l’éducation, sur le développement psychomoteur de l’enfant. C’est également comme cela que j’ai pris conscience de l’existence des violences éducatives ordinaires.

Et désormais, je pense quoi ?

Désormais, mon cerveau a comme opéré un switch complet. J’ai comme basculé de l’autre côté du miroir. Je pense que nous avons beaucoup à apprendre des enfants, de leur vision du monde et de leur humanité, et que nous devrions nous aussi retrouver notre âme d’enfant.

  • Je pense que plutôt que de chercher à « éduquer » les enfants, nous devrions plutôt changer notre posture, et nous placer à côté d’eux. N’être là qu’en soutien, éventuellement en guide lorsqu’ils en ont besoin ;
  • Je considère que de manière générale les adultes ont une vision négative des enfants, et je crois désormais que non les enfants ne sont pas des tyrans par nature qu’il faudrait redresser, mais plutôt qu’ils sont bons et empathiques par nature, et que nous devrions cultiver cela ;
  • Je ne crois pas aux bêtises mais aux expériences ;
  • Je pense que les adultes ne devraient pas se placer en position de supériorité et quelque part de domination, que nous ne devrions pas chercher à soumettre nos enfants. Je n’ai pas envie que ma fille m’obéisse juste parce que j’ai envie qu’elle fasse telle ou telle chose, même si c’est plus confortable pour moi. Je préfère aiguiser son esprit critique, qu’elle pense par elle-même, qu’elle acquière sa propre capacité à juger ce qui est bien ou mal et ce qu’elle peut faire ou non, quel comportement est acceptable ou non ;
  • Je crois qu’un enfant est le mieux placé pour connaître ses ressentis et sensation, s’il a faim ou froid, etc. Qu’il ne sert à rien de le forcer à finir son assiette, ou de chercher à le couvrir à outrance quand on sort, qu’il saura nous dire s’il a besoin de manger plus ou moins ou s’il lui faut se couvrir plus ;
  • J’estime que nous devrions respecter ses ressentis et accueillir ses émotions, sans chercher à lui apprendre à les « gérer » ;
  • Je pense que les gifles, fessées et autres châtiments corporels doivent être proscrits, ne sont que l’expression d’une colère que l’adulte n’a pas su gérer, et que ce n’est ni plus ni moins que de la violence. Hors selon moi la violence engendre la violence, et on ne peut pas apprendre à un enfant à ne pas taper en le tapant, c’est selon moi totalement incohérent ;
  • Plutôt qu’aux punitions je crois en la notion de réparation ;
  • Grâce aux neurosciences je suis persuadée que de laisser pleurer un bébé est nocif pour le développement de son cerveau, et qu’il est nécessaire d’accompagner les pleurs et toute autre émotion qu’elle soit agréable ou désagréable ;
  • Et tellement d’autres choses encore !

Aujourd’hui j’ai même envie d’aller plus loin en œuvrant pour un accompagnement respectueux de l’enfant

Si un jour la maman de l’article de blog sur la fessée passe par là, je voudrais lui dire un grand merci ! J’aurais sans doute fini par tomber sur les découvertes en neurosciences car j’ai toujours lu sur la petite enfance et l’éducation puisque cela me passionne, mais très certainement après avoir eu un ou des enfants. Là, cette maman m’a permis de changer mon état d’esprit AVANT d’avoir des enfants, donc de commencer ma vie de maman sur des bases saines.

Je fais encore plein d’erreur car comme tout le monde j’apprends sans cesse et je suis une maman bien imparfaite. Mais je suis heureuse de ne pas avoir reproduit de nombreuses choses qui me seraient venues naturellement de par mon schéma éducatif si je n’avais pas eu cette prise de conscience avant de devenir maman. Je lui envoie donc toute ma gratitude et elle aura ma reconnaissance éternelle ! ^_^

C’est aussi la raison d’être de ce blog, comprendre mon enfant. J’ai envie de transmettre mes nouvelles connaissances acquises, et de faire ma part en quelque sorte dans l’amélioration des relations à l’enfant et du respect de sa personne. Si je peux être le déclic pour des parents ou futurs parents sur le fait qu’il existe d’autres schémas éducatifs et bien plus respectueux du développement de l’enfant, comme cette maman l’a été pour moi, alors j’en serais extrêmement heureuse.

Aujourd’hui j’ai vraiment envie de m’engager plus avant dans la lutte contre les violences éducatives ordinaires. Car je suis sûre qu’en les éradiquant, en respectant réellement les enfants, et en leur offrant tout l’amour qu’ils méritent et dont ils ont besoin pour se construire, alors nous rendrons le monde meilleur, moins violent, et plus beau et apaisé.

Et vous, racontez-moi un peu, quel a été votre cheminement en tant que parent? Comment en êtes vous venus à vous questionner sur votre éducation et sur la parentalité positive, consciente, bienveillante, respectueuse (appelez-là comme vous voulez ;-)). Dites-le moi dans les commentaires, cela m’intéresserait beaucoup de découvrir votre chemin.

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