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L’angoisse de la séparation : qu’est-ce que c’est et comment accompagner au mieux mon enfant?

« L’angoisse de la séparation », « l’angoisse du 8ème mois », « la peur de l’abandon », « la peur de l’étranger », sont autant de noms pour évoquer une théorie très populaire tant auprès des professionnels de la petite enfance que des parents.

Votre bébé hurle dès qu’il n’est plus dans vos bras ? Il ne sourit plus à votre entourage et pleure en présence d’inconnus ? Votre enfant se met à hurler dès que vous passez le seuil des toilettes ou que vous disparaissez dans son champ de vision ? Nul doute que tout le monde vous criera en cœur qu’il est en pleine angoisse de la séparation.

Une théorie qui fait autorité depuis longtemps, mais dont les fondements ont depuis quelques temps été remis en cause ou nuancés par la recherche scientifique. Alors, que sait-on réellement de l’angoisse de la séparation ? Quels sont les mythes et croyances qui l’entourent ? Quels sont ses fondements ? Et comment accompagner au mieux nos petits pour la traverser? Autant de questions que je vous propose d’aborder ici.

Pleurs bébé angoisse séparation

Comment se manifeste l’angoisse de la séparation ?

A quel âge ?

L’angoisse de la séparation est une étape normale du développement de l’enfant, qui survient généralement autour 8ème mois. Elle peut cependant se manifester plus tôt vers 6 mois ou plus tard vers 9 ou 10 mois selon les enfants. Elle peut également tout à fait intervenir chez des enfants plus grands, et a été évoquée chez des enfants de 18 voire 36 mois.

Quelle durée ?

Elle dure généralement quelques semaines seulement. Mais chez certains enfants cela peut durer plusieurs mois.

A quel degré ?

Son intensité peut être variable selon les enfants. Cela peut en effet dépendre de leur caractère, de leur vécu les premiers mois suivant leur naissance (par exemple s’ils ont vécu une séparation traumatisante juste après la naissance), ou encore de s’ils ont été habitués dès tout petit à voir beaucoup de monde ou à aller dans plein d’endroits différents.

Envers qui ?

Elle peut concerner les deux parents, mais elle touche souvent davantage la figure d’attachement principale de l’enfant, qui est généralement la mère ou la personne qui passe le plus de temps avec l’enfant.

Les différentes manifestations :
  • Bébé réclame les bras, il pleure très fortement si sa figure d’attachement principale essaie de le confier à d’autres bras ;
  • Il se met à pleurer d’un seul coup lorsqu’il ne nous voit plus, alors qu’il jouait tranquillement jusqu’alors. Souvent lorsqu’il s’aperçoit que l’on a quitté la pièce ou tout simplement parce-que l’on n’est plus dans son champ de vision.
  • Il ne sourit pas ou plus aux autres personnes de l’entourage, et encore moins aux personnes étrangères en présence desquelles il peut carrément se mettre à pleurer.
  • Bébé peut ne plus aimer prendre son bain alors qu’il adorait cela jusqu’alors, l’eau étant perçue comme un milieu étranger.
  • Il peut se réveiller à nouveau ou beaucoup plus souvent la nuit, ou avoir des difficultés à s’endormir.
  • Il peut s’agiter et pleurer d’un seul coup s’il n’apprécie pas être dans un nouvel endroit qu’il ne connaît pas.

L’angoisse de la séparation : ce qu’on nous en a toujours dit (et nous dit encore) :

L’angoisse de la séparation telle qu’on la connaît aujourd’hui a été conceptualisée par le psychiatre et psychanalyste américain René Spitz en 1965, après avoir mené une étude en observant de nombreux bébés. Il s’est probablement inspiré des travaux de Estes, Haylett et Johnson qui décrivaient pour la première fois en 1956 le trouble de l’angoisse de séparation.

L’émergence de l’angoisse de la séparation coïnciderait avec la construction d’éléments essentiels du développement psychologique, notamment l’établissement d’un lien d’attachement et l’individuation (construction d’un soi distinct et séparé de l’autre). L’anxiété liée à la séparation se manifeste principalement par une réaction de détresse et une inhibition des activités lorsque le bébé ou l’enfant est séparé de sa ou ses figures principales d’attachement.

Le concept développé par Spitz représentait une théorie novatrice pour l’époque, reposant essentiellement sur les affirmations suivantes :

Bébé comprend qu’il est une personne à part entière et qu’il ne fait pas qu’un avec sa mère. Il intègre que ses parents sont des personnes distinctes dont il n’est pas le prolongement.

Peur de l’étranger : il distingue désormais les personnes de son entourage et les personnes étrangères qu’il ne connaît pas. Il a peur des nouveaux visages.

Il n’a pas encore la permanence de l’objet : il a peur d’être abandonné car lorsqu’il ne nous voit pas il croit que l’on est parti pour toujours. Lorsqu’il ne voit plus une personne ou un objet, il ne sait pas que cette personne ou cet objet existe toujours. Ou, selon une autre version élaborée par le psychologue Piaget : bébé acquiert la permanence de l’objet entre 8 et 12 mois, ce qui va engendrer chez lui une angoisse d’abandon, car l’enfant qui comprend désormais que sa maman continue d’exister même quand il ne la voit pas craint d’être séparé d’elle.

Les nuances suite aux nouvelles découvertes scientifiques :

Vous pouvez lire sur ce sujet le très bon article du site Les pros de la petite enfance et retrouver les diverses références scientifiques en cliquant ICI.

Les différents travaux sur l’attachement ont montrés que le bébé tisse des liens avec les personnes qui l’entourent et prennent soin de lui, ses « caregivers », et s’attachera à une personne en particulier qui deviendra sa figure d’attachement principale. En grandissant, lorsque bébé atteindra entre 6 et 9 mois, il construira sa « base de sécurité », qui lui permettra de hiérarchiser ses figures d’attachement (par exemple sa maman en tant que figure d’attachement principale, et son papa ou la référente de la crèche en tant que figure d’attachement secondaire).

A 8-9 mois il est désormais en capacité de différencier les visages et d’identifier les visages nouveaux. La « peur de l’étranger » et l’angoisse face aux inconnus n’est pas un passage obligé pour tous les bébés, bien que la grande majorité d’entre-eux manifesteront des pleurs en présence d’étrangers. Certains montreront à l’inverse de la curiosité et un intérêt pour les nouveaux visages.

Par ailleurs, à cet âge, il est maintenant capable d’attention conjointe, c’est-à-dire de regarder ce que l’adulte regarde. Ainsi, si l’on pointe du doigt un objet, il regardera l’objet en question et non le doigt qui le pointe.

En revanche, s’agissant de l’acquisition de la permanence de l’objet, les récentes recherches en psychologie du développement de l’enfant ont apporté une autre lecture à l’expérience de “l’erreur A-non-B. Le principe de l’expérience est le suivant : l’expérimentateur place à plusieurs reprises une même peluche sous la couverture A, face à l’enfant, et lui demande de trouver la peluche. Une fois que l’enfant s’est habitué à cette cachette, l’expérimentateur place la peluche sous la couverture B, toujours face à l’enfant. L’expérience montre qu’avant un certain âge l’enfant va systématiquement rechercher l’objet sous la couverture A, même si celle-ci a été glissée sous la couverture B devant ses yeux. Piaget avait interprété cela comme un défaut de permanence de l’objet, pensant que la peluche ne continuait pas d’exister dans l’esprit de l’enfant lorsqu’elle était cachée et que celui-ci ne différenciait pas l’objet de ses déplacements.

Or, la nouvelle lecture qui a été faite de l’expérience suite aux recherches scientifiques ultérieures a été de considérer que si l’enfant recherche le jouet sous la mauvaise couverture, ce n’est pas dû à un problème de permanence de l’objet mais à un défaut d’inhibition motrice. Car l’immaturité de la partie préfrontale de son cerveau ne lui permet pas d’inhiber le geste automatique qu’il a acquis d’aller chercher la peluche sous la couverture A, alors même qu’il a bien vu qu’elle a été placée sous la couverture B.

En réalité, la permanence de l’objet apparaît chez l’enfant bien plus tôt, vers 4-5 mois. Or, une fois la permanence de l’objet acquise, la permanence des personne l’est aussi, ce qui signifie qu’à 8 mois, le bébé sait que sa maman continue d’exister lorsqu’elle disparait de son champ de vision.

Enfin, l’hypothèse de la fusion maman-bébé a également été remise en cause par les récentes recherches scientifiques et notamment par l’expérience du “double toucher”, qui a révélé que cette idée de symbiose était un mythe. Le principe de l’expérience était le suivant : il suffit de toucher la joue du bébé, dès sa naissance, pour déclencher son réflexe de succion. Or, si on stimule la joue du bébé avec son propre doigt à lui, cela n’entraîne aucun réflexe de succion. Ce qui signifie que le cerveau du bébé, dès sa naissance, distingue ce qui est son corps et ce qui y est extérieur.

Ainsi, dès sa naissance le bébé sait faire la différence entre son propre corps et celui de sa mère, il ne s’en considère pas comme le prolongement. D’autres études ont par ailleurs montré que le bébé sait également parfaitement reconnaitre l’odeur de sa mère ainsi que sa voix, parmi plusieurs autres.

Comment accompagner mon enfant pour mieux traverser cette période difficile de l’angoisse de la séparation ?

Les petites choses à faire au quotidien pour diminuer son angoisse :
    • Des câlins et des bisous! Le meilleur moyen de le rassurer et l’apaiser, c’est de remplir son réservoir affectif et de lui montrer que vous l’aimez.

    • Jouez à « coucou-caché » en cachant votre visage derrière vos mains ou un tissus. Selon son âge, ce jeu permet à votre bébé de réaliser que vous existez toujours même quand il ne vous voit plus.

    • Si cela vous est possible, il peut être judicieux d’éviter les moments de séparation avec votre bébé lorsqu’ils ne sont pas indispensables. (On peut reporter ce restau avec les copines dans 3 semaines). Lors de cette angoisse de la séparation, bébé manifeste son besoin d’être avec vous. Il est bon d’y répondre au maximum afin de l’aider à passer ce cap difficile pour lui. N’oubliez pas que ce n’est que temporaire!

    • Vous pouvez habituez votre bébé à voir du monde en faisant de nombreuses balades où en l’emmenant avec vous lors de vos sorties tant que les lieux restent adaptés (il est évident qu’on oublie les bars branchés bien bruyants ou les boîtes de nuit). En revanche, ne le forcez jamais à se faire prendre dans les bras par quelqu’un d’autre s’il manifeste son opposition! Et ce, même si c’est mamie qui demande gentiment. Bébé n’est pas une poupée, il n’a pas à passer de bras en bras, surtout si c’est des vôtres dont il a envie. Attention, si votre bébé manifeste une hostilité particulière envers une seule et même personne et de manière répétée, il est important de s’interroger sur les raisons de cette réaction.

    • N’hésitez pas à dégainer l’écharpe de portage ou le porte-bébé pour contrer toutes les mains de ces inconnus qui voudraient le câliner alors qu’il n’en a pas envie. Il aura en plus le bonheur d’être lové tout contre vous, son cocon protecteur, tout en étant rassuré. Vous répondrez ainsi à son besoin de contact, tout en gardant les mains libres pour vos occupations.

    • Si votre enfant plus grand vient se coller à vous devant des étrangers, câlinez-le, c’est qu’il a besoin d’être rassuré et qu’il se sent en insécurité. N’hésitez pas à le prendre dans vos bras quand il a peur, pour faire redescendre son niveau de stress. Montrez-lui qu’il peut avoir confiance en vous.

    • Accordez-lui le temps de s’adapter aux endroits nouveaux ou aux gens qu’il ne connaît pas. Prenez le temps de parler à ces derniers pour qu’il voit qu’ils ne sont pas hostiles et qu’il puisse s’habituer à eux.

    • En cas de séparation obligatoire, évitez de partir quand votre enfant ne regarde pas ou lorsqu’il dort, car il risquerait de vivre cela comme un abandon. Il vaut mieux lui dire au revoir tout en lui expliquant pourquoi vous devez partir, et ce qu’il va se passer durant votre absence. Même s’il pleure et ne semble pas vous écouter, rassurez-le en lui expliquant bien que vous allez revenir. Donnez-lui un repère concret dans le temps : « On se revoit après ta sieste » ou « Je viens te chercher juste après que tu ais pris ton goûter », car jusqu’à un certain âge les enfants n’ont pas la notion du temps, ce repère l’aidera donc à visualiser votre retour.

    • Il est important que vous vous montriez serein et confiant lorsque vous le confiez à quelqu’un. Dans le cas contraire, il risquerait de ressentir votre stress et votre angoisse et cela ne fera qu’augmenter la sienne.

    • Lorsque vous le faites garder à la maison, demandez à la personne qui le garde d’arriver de 15 minutes avant l’heure de votre départ. Cela permettra un petit temps de transition pour que vous puissiez partir en douceur, sans le brusquer.

    • Laissez-le emporter avec lui un doudou ou un jouet qu’il aime bien et qui pourra le rassurer et le réconforter en votre absence. C’est le rôle de l’objet transitionnel.

    • De même vous pouvez également lui laisser un vêtement avec votre odeur, qu’il pourra renifler lorsque vous lui manquerez.

    • Vous pouvez également mettre en place un “sac à bisous” : vous mettez dans un petit sac des objets symboliques pour vous deux. Cela peut être des petits cœurs en tissus, tout simplement des morceaux de papier sur lesquels vous aurez fait un bisou avec du rouge à lèvre, ou encore des mini photos de ses proches, ou ce que vous voulez et qui a du sens pour vous deux. Vous gardez un objet avec vous et lui laissez le sac avec les autres objets. Vous lui racontez une petite histoire rituelle autour : ce sac contient des objets qui sont des “bisous” de vous. Il maintien la connexion entre-vous même si vous êtes loin, vous lui enverrez des bisous dans la journée. Une fois partie si votre enfant en ressent le besoin il pourra aller piocher dans ce cas à bisous pour avoir l’impression que vous lui en faites à distance, et il pourra également vous en envoyer. (Pour une variante plus simple vous pouvez tout simplement dessiner un cœur sur votre bras à chacun, mais le risque est qu’il s’efface et ce n’est pas hyper hygiénique. Mais cela dépanne si on est pressé).

    • Enfin, intéressez-vous à votre enfant à tout moment et pas seulement lorsqu’il manifeste une angoisse. Sinon, il risque d’adopter un comportement où il sait que cela vous fera réagir et qu’il pourra avoir votre attention et un contact physique.

 

 

 

L’entrée en crèche ou chez la nounou :

 

     

     

    • Aller visiter l’endroit à l’avance
      avec lui, si cela est possible.
      Essayez de prendre le temps de découvrir
      l’endroit et de faire connaissance avec les personnes qui s’y trouvent. Ainsi,
      lorsqu’il y restera le premier jour, l’endroit ne sera pas totalement nouveau
      pour lui et il n’aura pas affaire à des inconnus qu’il verrait pour la première
      fois.
    • Mettre  en place une période d’adaptation. Généralement les crèches ou les
      assistantes maternelles la proposent d’emblée, mais si ce n’est pas le cas
      n’hésitez pas à la réclamer et à insister sur son importance. Les premiers
      temps, vous commencerez par accompagner votre enfant sur place en restant avec
      lui une heure ou deux, puis en le laissant pour de courtes périodes une heure ou
      deux le ou les premiers jours. Par la suite, vous augmenterez progressivement à
      une demie-journée puis la journée entière. De la même manière, vous pourrez
      rester pour les moments clés de la journée les premiers jours, notamment lors du
      repas et de la sieste. Puis vous réduirez votre présence et laisserez les
      personnes accueillant votre enfant gérer ces moments plus délicats. De cette
      manière, votre enfant pourra prendre le temps de s’habituer en douceur à ce
      nouveau lieu et son nouvel environnement, et il se sentira plus facilement en
      confiance.
    • Désigner une personne
      référente.
      S’il est chez une assistante maternelle ou une nounou, la
      question ne se posera pas. Mais s’il est gardé en collectivité, il est important
      qu’il y ait une personne référente pour s’occuper de lui. Elle pourra
      développer une connaissance de votre enfant : savoir ce qu’il aime ou au
      contraire ce qui lui déplait, ses habitudes, ses besoins, son mode de
      fonctionnement, etc… Et cela permettra à votre enfant de nouer avec elle un
      lien de confiance privilégié, et d’avoir un repère solide. Il se pourrait bien
      qu’elle devienne même une figure d’attachement secondaire. Et pour vous, il
      sera plus facile d’avoir quelqu’un à qui vous adresser pour poser des questions
      sur sa journée et vous assurer que tout se passe bien.
    • Mettre en place un objet
      transitionnel.
      Cela peut être un doudou, un jouet qu’il aime bien, un
      lange ou vêtement imprégné de l’odeur de papa ou maman. Celui-ci fera le lien
      entre la maison et le lieu de garde, et apportera à l’enfant un peu de
      réassurance. Il le réconfortera et lui rappellera notre présence. Notre enfant
      se crée ainsi son monde de douceur dans lequel il peut se plonger lorsqu’il en
      ressent le besoin. Cela lui permet aussi de garder un peu le contrôle sur une
      situation qui semble lui échapper totalement.
    • Ne pas trop
      éterniser le moment du départ.
      Il est bien-sûr très important de prendre du
      temps  avec votre enfant pour lui dire au-revoir, et de ne pas partir comme
      un voleur. Prendre un instant pour le rassurer et lui dire qu’il est entre
      bonnes mains et que vous faites confiance aux personnes qui s’occuperont de lui
      et lui montrer que vous êtes serein. Lui faire un gros câlin et des bisous pour
      recharger son réservoir affectif, et lui dire que vous l’aimez. Lui assurer
      également que vous reviendrez bien le chercher le soir (ou nommer la personne
      qui viendra le récupérer).  Mais ensuite, il vous faudra quitter les lieux,
      en le prévenant avant (ne le faite surtout pas pendant qu’il regarde ailleurs
      ou qu’il a le dos tourné. Cela risquerait au contraire de l’angoisser lorsqu’il
      vous cherchera du regard en se demandant où vous êtes soudainement passé et de
      déclencher une crise de panique car il risque de se sentir abandonné). Si vous restez sur place trop longtemps, il
      lui sera difficile de comprendre pourquoi vous partez si rapidement les jours
      suivants. Si vous avez envie de rester un peu sur place avec lui, il vaut mieux
      le faire au moment de votre retour.
    • Prendre
      une marge.
      Il peut être bon les premiers temps de prendre 15 à 20
      minutes de marge, pour vous laisser le temps de l’accompagner au mieux et de le
      quitter dans de bonne conditions, sans prendre le risque d’arriver en retard à
      votre travail. Vous aurez l’esprit plus tranquille sans avoir à vous stresser en
      fixant constamment votre montre, vous serez plus zen et vous pourrez vous
      focaliser sur votre enfant et ses émotions.
    • Accueillir ses émotions et
      l’accompagner sans le juger.
      Il est tout à fait normal, voire probable,
      que votre enfant pleure les premiers temps au moment de votre départ, et ce
      même hors angoisse de la séparation. Vous quitter pour la journée peut vraiment
      être difficile pour votre enfant (et pour vous également), même si vous lui
      avez expliqué pourquoi et même si vous l’aviez préparé en amont. Il peut tout à
      fait avoir compris et pour autant être triste et perdu ou avoir peur, et se
      laisser déborder par ses émotions. Celles-ci sont tout à fait légitimes et
      méritent d’être écoutées. Vous pouvez nommer avec lui ses émotions et lui
      montrer que vous le comprenez (“Tu es triste que je parte mon chéri, je
      comprends que tu n’ais pas envie que je parte et que ça te fasse un peu peur.
      Je vais certainement te manquer. Mais sache que toi aussi tu vas beaucoup me
      manquer et que j’ai hâte de te retrouver ce soir pour qu’on se fasse un gros
      câlin. Est-ce que tu as peur que je ne revienne pas? Promis je reviendrais te
      chercher après l’école/crèche, juste après l’heure du goûter
      ”). Verbaliser
      ses émotions ne les fera pas disparaître, mais permettra peut-être de les
      digérer et donc de les atténuer un peu, et surtout il se sentira entendu et
      compris.
    • Prendre du recul et
      n
      e pas lui en
      vouloir
      si au moment d’aller le chercher soir, il pleure ou vous ignore
      royalement. Il exprime son ressenti à sa manière, et ses sentiments sont
      peut-être parfois contradictoires. Il est certainement très heureux de vous
      retrouver, mais il vous en veut peut-être aussi de l’avoir laissé. Dans ce cas,
      bouder ou vous ignorer est peut-être un moyen pour lui de vous indiquer son
      mécontentement. Il peut aussi avoir envie que vous veniez le voir, tout en vous
      repoussant. Pas de panique, cela lui passera, mais il lui faut encore un petit
      temps d’adaptation, et il a besoin d’exprimer ses émotions et frustrations. Ne
      le forcez pas, indiquez lui simplement que vous êtes là, que vous avez très
      envie d’un câlin ou d’un bisou mais que vous attendrez qu’il ait envie de vous
      en faire un aussi. S’il vous a manqué dites le lui, de manière générale faites
      lui part de vos propres émotions, surtout si cela a été difficile pour vous
      aussi. Il s’agit d’être dans l’échange et le partage, dans la communication. Et
      votre enfant a peut-être besoin de savoir qu’il vous a manqué aussi, il s’assure
      de votre amour pour lui. Au fur et à mesure, il prendra son rythme et la
      routine s’installera.
    Comment faire lorsque les parents sont séparés ?

    Si vous êtes séparé.e de votre conjoint.e, il y a des choses qu’il est possible de mettre en place pour tenter d’adoucir les temps de séparation d’avec votre enfant, même hors période d’angoisse de la séparation. En voici quelques pistes :

    • Afin que votre enfant puisse conserver au maximum ses repères, vous pouvez essayer dans la mesure du possible d’instaurer la même routine chez chacun des deux parents (heure des repas, du bain, du coucher, rituels).
    • Si votre enfant est gardé à l’extérieur, il est aussi préférable dans la mesure du possible d’adopter les mêmes heures d’arrivée et de départ, afin qu’il puisse conserver le même rythme sans avoir à se réadapter à chaque fois.
    • Laissez votre enfant emporter avec lui son doudou, un jouet qu’il aime bien, a tétine ou tout autre objet qui compte pour lui, à chacun des deux endroits. Pensez à bien vérifier qu’il les a avec lui lorsque vous le récupérez ou lorsqu’il part.
    • Donnez-lui un lange ou un vêtement imprégné de votre odeur lorsqu’il va chez l’autre parent. Cela lui permet d’emporter un petit bout de vous avec lui. Ainsi, si vous lui manquerez trop et qu’il en ressent le besoin, il pourra y enfouir sa tête et le renifler comme pour vous faire un câlin virtuel.
    • Si cela ne vous pèse pas trop, vous pouvez également laisser une photographie de l’autre parent dans sa chambre. Il pourra la regarder quand il en aura envie, cela le réconfortera un peu si son autre parent lui manque, et marquera un peu sa présence.
    • Selon l’effet que cela peut avoir sur votre enfant, vous pouvez aussi lui téléphoner ou passer en visio par skype par exemple. Vous voir ou vous entendre peut raccourcir un peu la séparation et permet de maintenir le lien. Toutefois, si c’est trop difficile pour votre enfant et fait ressurgir le manque trop intensément, il vaut peut-être mieux s’en passer. Lorsque l’entente est bonne avec l’autre parent, vous pouvez vous mettre d’accord pour chacun parler de l’autre à votre enfant, en lui assurant que ce n’est pas parce qu’il est absent qu’il l’oublie. Et surtout qu’il continue de l’aimer très fort.

    Enfin, n’oubliez pas que toutes ces étapes, qui peuvent être difficiles pour votre enfant, ne sont que temporaires. L’essentiel est simplement de l’accompagner à traverser ces étapes en verbalisant beaucoup, et en nommant ses émotions plutôt qu’en les niant. Profitez-en pour redoubler de câlins et remplir votre réservoir affectif à tous les deux!

    Et vous, comment avez-vous traversé cette angoisse de la séparation? Qu’aviez-vous mis en place? Est-ce que c’est une étape qui vous a stressée? N’hésitez pas à partager dans les commentaires si vous avez d’autres astuces, cela peut toujours servir à d’autres parents. Et si cet article vous a été utile n’hésitez pas à le partager autour de vous!

     

     

     

     

     

     

     

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