Parentalité positive,  Vie quotidienne

Pourquoi ne pas dire à son enfant qu’il a le DROIT d’être en colère?

Hello! Aujourd’hui j’ai envie de partager avec vous une réflexion de Valentine sous une publication sur son compte Instagram @unevieaapprendre, que j’ai trouvée très juste, et qui m’a donnée matière à réfléchir, sur le fait ou non de dire à son enfant qu’il a le DROIT d’être en colère.

Faut-il dire à son enfant qu’il a le droit d’être en colère?

ne pas dire à son enfant qu'il a le droit d'être en colère

Valentine a posté une illustration avec cette phrase, qui m’a interpelée. Je l’ai trouvée étrange, j’ai donc eu envie d’en savoir plus. Parce que bien souvent, on entend beaucoup de professionnels adeptes de la parentalité positive conseiller d’accueillir les émotions de son enfant (jusque là tout va bien). Et par accueillir ces émotions, on entend souvent le type de phrases suivantes en exemple : “Tu es en colère, je comprends, tu as le droit d’être en colère parce que je t’ai dit non, mais…”, ou “Tu as le droit de ne pas être d’accord, de ne pas être content.e, mais…”, etc…

Jusqu’à présent, cette posture ne me choquait pas. Pour moi elle ne faisait qu’accueillir l’émotion de l’enfant, la nommer, la légitimer.

Seulement voilà, dans son post Valentine explique ceci : “D’abord parce que je ne suis pas sûre qu’une émotion soit un droit. Il n’y a pas, pour moi, de droit à être en colère, triste, déçu. Ressentir une émotion n’est pas quelque chose que l’on peut autoriser ou pas. On la ressent, c’est tout. Dans mon esprit, c’est aussi absurde de dire « tu as le droit d’être en colère », que de dire : « Tu as le droit de respirer mon chéri ». Et puis, qui serait assez bien placé pour valider ou non l’émotion d’un autre être humain? Non, pour moi, il n’y a pas de droit à ressentir ce que l’on ressent. Chacun de nous a le droit et mérite, en revanche, d’être respecté dans son ressenti”.

Il n’y a pas de droit à ressentir ce que l’on ressent.

Suite à cette réflexion de Valentine j’ai eu un peu comme un déclic. Cela m’a réellement fait réfléchir à cette posture qu’on adopte lorsqu’on dit à son enfant “Je comprend, tu as le droit d’être en colère”. Et je pense qu’elle a raison, c’est un abus de langage!

Au final, bien-sûr qu’on a le droit de ressentir ce que l’on ressent, c’est une évidence. Au même titre qu’il n’y a aucun interdit à poser sur une émotion. On ressent les choses, c’est tout. Il n’y a pas de contrôle dessus en principe, car l’émotion nous traverse sans prévenir, en réaction à des situations.

De fait, nous n’avons pas à valider l’émotion ressentie par l’enfant (ou toute autre personne d’ailleurs). Notre rôle est simplement de la nommer si c’est encore difficile pour lui de la reconnaître, mais surtout de l’accueillir. Toute émotion est légitime, quelle qu’elle soit. La posture de l’adulte doit être dans la constatation de l’émotion et non dans l’autorisation à donner de la ressentir.

ne pas dire à son enfant qu'il a le droit d'être en colère
                                         Crédit illustration : @unevieaapprendre, Instagram.

Alors au final, que dire?

Tout est une question de posture, comme je viens de l’indiquer. Il faut donc voir l’intention que l’on met derrière nos phrases. Nos mots ont une portée, dont on doit avoir conscience.

Ainsi, plutôt que “Tu as le droit d’être en colère”, qui est proche de la validation, il serait peut-être préférable d’employer “Tu as le droit de montrer ta colère”. Ainsi, l’émotion est nommée, et on rappelle à l’enfant qu’il peut et à le droit d’exprimer ses émotions. De cette manière, on légitime son ressenti, sans lui donner l’autorisation ou non de le ressentir. Je ne sais pas si c’est très clair, car au final c’est assez subtil.

Par exemple, au lieu de dire “Tu as le droit d’être en colère mais pas de taper ta sœur”, on peut le remplacer par “Je comprends ta colère, mais taper ta sœur est inadmissible, tu peux exprimer ta colère autrement”.

Cet autre article peut vous intéresser : 6 secrets pour que votre enfant arrête de crier.

C’est trop complexe au quotidien?

Souvent, ces phrases sont comme des réflexes ancrés en nous. On essaie déjà de bien faire en gardant son calme sans s’énerver, sans crier, et on se surprend à dire “Tu as le droit d’être en colère”. Changer de posture est difficile et c’est tout un cheminement.

Pas de panique, chaque chose en son temps, un pas à la fois. Et surtout un changement après l’autre. Si c’est trop compliqué dans le quotidien de changer cette posture, ce n’est pas la mer à boire du moment que l’intention derrière n’est pas d’interdire à son enfant d’avoir des émotions. Si notre volonté de départ est d’accueillir les émotions de notre enfant, pas besoin de se mettre la rate au court bouillon à vouloir changer tout son vocabulaire. Mais il est intéressant d’avoir conscience de ce qui se joue derrière les mots qu’on emploie.

En revanche, si on avait tendance à vouloir interdire à son enfant de ressentir de la colère dans telle ou telle situation, alors c’est qu’il y a quelque chose à changer dans notre posture initiale. C’est qu’il y a des choses à apprendre sur le fonctionnement des émotions de manière générale, et des choses à comprendre sur le fonctionnement de son enfant et ce qui se joue pour lui.

***

Et vous qu’en pensez-vous? Est-ce que ça vous arrive régulièrement de dire à votre enfant qu’il a le droit d’être en colère? Est-ce que vous aviez réfléchit à cela? Est-ce que cette tournure de phrase vous gêne? Ou est-ce que au contraire vous trouvez que c’est chipoter pour pas grand chose et se faire des nœuds au cerveau ^_^ Laissez-moi un commentaire pour me dire tout ça ^_^

 

 

 

 

 

 

 

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2 commentaires

  • Marine

    Pour ma parr, j’emploie cette phrase quand d’autres personnes disent à ma fille “c’est bon ce n’est rien” ou qu’ils essaient de la détourner pour ne pas qu’elle s’énerve ou pleure sans rien lui avoir expliqué.
    À ce moment là je leur dit qu’elle a le droit de s’énerver ou d’être triste.
    Mais ton article est super intéressant car sans m’en rendre compte, je lui l’ai sûrement déjà dit donc je trouve ça super bien de faire un rappel.
    Pour moi ce n’est pas chipoter mais comme tu le dit, c’est une nuance subtil à mémoriser.

    • Sakina Maitreau

      Bonjour Marine,
      Merci pour ton message!
      Oui dans ce cas effectivement c’est tout à fait approprié de confirmer à ta fille qu’elle a le droit de ressentir l’émotion qu’elle ressent, malgré ce que vient de lui dire l’adulte qui est en face d’elle.

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